Contempler/Se ressourcer
Voir ou comprendre
07/juil./08
Jésus disait : Reconnais ce qui est devant ton visage et ce qui t'est caché te sera dévoilé. Il n'y a rien de caché qui ne sera manifesté. (L'évangile de Thomas, J-Y Leloup) (Mt 10, 26)
Voir est la qualité cognitive et spontanée de notre Nature. L'esprit ne peut pas intervenir à ce niveau, pas plus que les reflets ne peuvent changer la nature de l'eau.
Il y a un Voir, une Vérité parfaite qui est déjà présente. C'est un peu comme si nous étions hypnotisés devant un téléviseur à essayer de changer de programme dans l'espoir de nous libérer. Cependant, la vérité que nous recherchons est là, sous nos yeux. Elle est cette “boîte à images” placée devant nous. Elles est ce siège où nous sommes assis, cette pièce avec toutes les personnes et les objets qui s'y trouvent. Elle est notre propre corps. Elle est cette vie, ces perceptions dans nos sens. Elle est cette Présence, cette clarté, cette actualisation qui nous accompagnent dans notre souffle et le battement de notre cœur. Elle est aussi notre imagination.
Si nous voulons connaître l'eau, il ne suffit pas de regarder les reflets qui dansent à sa surface. Il est nécessaire que nous la contactions à un “autre niveau”. Il nous faut par exemple la boire ou nous y baigner.
|
Une posture de contact et de ressourcement
28/juin/08
Dans le passé, j’ai eu l’occasion de pratiquer longuement la posture assise et la méditation qui sont enseignées dans le bouddhisme et le zen. La posture dont je parle peut sembler très similaire. Ce qui fait sa particularité n’est sans doute pas visible de prime abord. L'un des points importants réside dans la manière de l’aborder, mais aussi de trouver par l’équilibre un réel appui afin de tout “lâcher”. Celle-ci n’est pas un entraînement, un exercice ou une technique. C’est principalement une attitude, une manière de se poser afin de rétablir le “contact” à l’Être et de se ressourcer.
Le but n’est pas de tenir longtemps, de développer plus d’assise. Cette posture agit en nous révélant son universalité, indépendamment des formes, des archétypes. En fait, c’est une “posture” qui conduit à s’affranchir de toute posture. Permettant de contacter notre nature, elle nous remet en marche. Elle nous accompagne, nous encourage, nous pousse à la découvrir par-delà nos limitations, se révélant comme notre point d'appui au cœur de toute situation.
Adopter cette posture apporte un sentiment de sécurité et ainsi permet l'apaisement. Elle donne cette sensation de “flotter” gentiment à la “surface”, tenu dans l'instant, comme porté par le vivant. Le corps trouve son équilibre. Le souffle et l'énergie se régulent et circulent librement. J'ai constaté à chaque fois, un soulagement, un apport, que ce soit dans les cas d'angoisses, de stress, de fatigue, de douleur. Il y a aussi un grand bienfait à l'adopter lorsque tout va bien et qu'il n’y a pas problème particulier.
Contrairement aux postures traditionnelles, il n'y a pas d'accent particulier sur le maintien, la concentration, la focalisation. Ce qui compte, c'est le point d'équilibre et l'aise que cela entraîne. C'est à la posture de vous stabiliser et non l'inverse. Facilement, avec un peu d'expérience, elle nous met en contemplation. Parfois, après seulement quelques minutes, ayant rétabli le contact, nous sommes déjà prêts à reprendre notre activité.
La sensation d’avoir établi le contact est un signe important. On peut dire à ce moment-là que “ça colle”, que “c’est gagné”. Comme ça arrive parfois dans rencontre avec une personne inconnue. Il y a un point d’entente et d’amitié qui est réciproquement reconnu. Dès lors, rasséréné, nous savons que cette relation va bien se passer.
À présent, nous sommes libres de rester assis ou de nous lever. Si nous choisissons de demeurer assis, cette sensation « d’accord » va s’approfondir. Elle va devenir nourrissante. Ce qui s’élève en nous ne peut plus nous déranger. Les pensées, les émotions ne sont plus perçues comme un problème. Tout cela est vu comme une danse, un simple jeu.
L'assise
Prenez place sur un siège bas (40 cm env.) ou asseyez-vous sur le rebord de votre lit.
Vous devez être au bord du siège, sans prendre aucun appui contre un dossier.
Le corps est droit, sans être raide. Les jambes repliées. Les genoux naturellement écartés. Les talons sont joints dans l'alignement de l'axe central du corps. Les pieds sont ouverts, les talons décollés du sol. Les mains sont posées sur les genoux ou bien placées contre le bas du ventre, doigts croisés. Les bras détendus. Le cou est droit, mais la tête est très légèrement basculée en avant. Les yeux sont ouverts, le regard vers le sol avec un angle de 45°.
Les yeux peuvent être également fermés. La bouche est fermée, mais vous pouvez l'entrouvrir si vous préférez.
Lorsque vous êtes assis, vous devez vous sentir à l'aise. C'est à vous d'ajuster les indications que je donne selon votre morphologie et la hauteur de votre siège.
L'équilibre
L'intérêt qu'il y a d'avoir le fessier placé vers l'avant de votre chaise, c'est qu'il va servir de point d'appui afin que le buste trouve son équilibre. Tout doucement, bougez le buste en avant, en arrière, puis sur les côtés. Dodelinez juste le temps de vous “caler”. Soyez à l'écoute, votre corps sait. Naturellement il va trouver son alignement, son propre maintien.
Ce point est crucial au début, aussi, à l'instant même où l'équilibre se rétablira, un premier soulagement surviendra dans votre Être. Ainsi, appréciez comment le corps tient seul, sans plus d'effort… Vous ne tenez pas la posture, mais c'est la posture qui vous tient. Essayez de sortir de cet équilibre. Penchez-vous légèrement puis laissez le corps revenir dans son assiette, dans sa verticalité, comme une coquille ou comme un flotteur qui se stabilise après quelques ballottements sur l'eau.
Le souffle
L'équilibre permet “d'atterrir”, “d'arriver”, le souffle rafraîchi et nourri en profondeur.
Utilisez l'alternance de la respiration afin de soulager votre “fardeau”. Offrez-vous un répit. Permettez à la “pression” de s'évacuer à travers un soupir. Expirez… ainsi votre diaphragme va se détendre. Le souffle va descendre en vous. Laissez-vous respirer… Le rythme s'adoucit. Naturellement, les temps d'expiration s'allongent. À ce stade vous devriez ressentir confort et bien-être. Vous devriez vous sentir en paix…
Pour résumer, il s’agit de s'asseoir tranquillement dans l’équilibre du corps, en amitié avec soi-même.
Il s’agit de se sentir vacant, disponible, libre et dans l'écoute…
C’est comme un sourire, une douceur qui nous place dans notre point d’amour.
Il y a tellement d'amour en notre cœur qui attend d'être accueilli et de rejaillir.
Pensez au bonheur d'aimer et à celui d'être aimé…
Goûtez cette saveur… Goûtez cette bonté…
S'asseoir au pied de son arbre
11/juin/08
La présence est spontanée, il nous suffit de l'accueillir…
Ainsi, nous entrons dans le royaume de l'invisible et de l'infini. Il n'y a pas de réelle technique pour cela. Ça commence souvent par le fait de s'arrêter, de s'asseoir, de se poser. Ensuite, nous nous laissons gagner par l'ouverture et la communion à Soi. Cette communion est semblable au fait de retrouver son foyer, au bonheur d'être “chez-soi”. Savourant ce bien-être, nous découvrons la contemplation.
Rencontre avec l'espace
27/avr./08
Les yeux et le cœur sont liés. Changer notre regard peut nous placer dans la contemplation. C'est comme prendre un recul et se retrouver en “celui” qui voit, “celui” qui Est derrière les yeux. Ainsi nous regagnons l’intensité et la vitalité de l’être et devenons authentiques. Alors, nos yeux, ainsi que notre visage changent. Ils s’illuminent et réfléchissent la lumière du vivant.
Contempler, c’est comme plonger son regard dans un ciel profond et infini. C’est comme un état de chute où l’on ne tombe pas. C’est comme se sentir environné d’espace au sommet d’une tour, le regard éclairant l'horizon infini. C’est comme si nous étions dilatés, esseulés, libres de référence. C’est très proche du sentiment d’être perdu, mais ici c’est l’inverse qui se produit. Habituellement, nous redoutons la solitude parce qu’elle agit comme un révélateur qui nous met face à nous-mêmes. Pourtant, à partir de l’instant où nous sommes d’accords pour cet abandon et cette rencontre, elle nous apparaît comme notre espace, notre foyer. En fait, notre condition n'a pas changé. Nous ne sommes pas plus seuls qu’avant ou que les autres. Nous expérimentons l’Un, l'ouverture infinie.
Amour et contemplation
01/mars/07
La contemplation est très proche de l’état amoureux
que nous connaissons. Cependant, celle-ci a rarement
l’occasion de s’imposer dans le cadre de nos
relations affectives. La cause est que dans ce
contexte notre amour n’est pas désintéressé. Le plus
souvent, il est compromis par la crainte et l’espoir
que nous générons à l’égard de l’autre et de
l’aventure qui se joue. Pour parer à cela, il est
peut-être préférable de ne pas être plongé dans une
histoire d’amour. Contentez-vous d’évoquer ce que
vous ressentez lorsque vous êtes amoureux. Notre cœur
est prompt à se souvenir et à retrouver ses ailes.
Rappelez-vous… mais ne vous attardez pas sur l’autre,
ni sur votre histoire. Ne retenez que l’atmosphère et
la saveur qui s’expriment à nouveau. Vivez le cœur …
Comment pouvons-nous passer autant de temps loin de
notre cœur ? Pourquoi mettons-nous tant de
conditions, tant de suspicion à être avec lui ? Je
crois que bien souvent notre désir d’amour n’est pas
celui de s’enticher de quelqu’un, mais de retrouver
l’amour inconditionnel et de vivre cet état
merveilleux de contemplation [?]. Lorsque
nous sommes dans cet amour qui est libre de
saisie, nous actualisons une pleine
satisfaction. Nous sommes aimés. Plus rien,
malgré notre condition, ne semble nous manquer.
Bien au contraire, nous nous sentons
profondément généreux, et plus encore… DM
