Questions/Réponses
Expérience d'Éveil
04/oct./08
Que j’ai ressentie magique et que je veux retrouver durablement.
Je ne sais pas quelles circonstances ou actions pourraient m’aider à replonger dans cette fluidité d’une demi-heure seulement.
J’étais en vacances seul à paris.
Je marchais en toute décontraction dans le jardin des plantes et je croisais les passants.
Je me suis mis à les dévisager avec de plus en plus d’insistance comme le ferait un débile mental ou un enfant sans éducation.
Petit à petit les défenses de chaque passant se sont estompées.
Ont disparu en même temps que ma propre défense.
Est alors arrivé un moment d’euphorie où j’ai réalisé cela.
Je me suis alors assis à la terrasse d’une guinguette où j’ai pu demander à la serveuse tout ce que je voulais.
Je lui touchais le bras nu pour appuyer ma demande.
Je voulais, un thé, les toilettes, un sourire…
Tout m’était accordé.
Les autres clients ont participé à mon enthousiasme communicatif.
Les enfants me souriaient.
Il n’y avait pas de barrière, je pouvais interpeller qui je voulais.
Cela marchait
Je ne voulais pas que cela s’arrête.
J’écrivais sur mon cahier en même temps que cela se passait.
Je vivais sur une autre planète.
Cela fait plus de deux semaines.
Et cela a disparu.
Évidemment, quelques bribes de cette liberté ont déplacé les limites de mes contraintes quotidiennes assumées et consenties.
Mais je veux replonger dans cet univers que je sais désormais accessible.
Que je sais « réel ».
Mes nuits sont pratiquement éveillées comme si je rêvais à haute voix et que je peux intervenir sur mon rêve, sur ma pensée pendant ce sommeil perturbé.
Je me réveille fatigué avec parfois même des maux de tête du fait de la mauvaise qualité du sommeil.
Je suis impatient de tempérament et je refuse toujours l’emballage du pâtissier quand j’achète un gâteau individuel.
« C’est pour manger tout de suite… »
Cette impatience-là me tenaille pour reproduire cette magie.
Je veux la trouver, la re-trouver, l’installer.
Je veux être libre tout simplement.
Mais j’ignore comment faire.
Ou comment ne pas faire…
Jean Marc
(DM) - L'expérience reste une expérience tant qu'elle est perçue comme telle. Aujourd'hui nous donnons du poids à l'illusion et à son pouvoir. Nous avons l'impression d'ouvrir des brèches sur la réalité, mais cette perception est trompeuse. De façon incessante nous faisons corps avec la vérité, mais tout en nous voilant la face. Dans notre expérience d'ouverture, la vision de la vérité que nous obtenons reste dessinée et conditionnée par le contour, le cadre de l'illusion. Le silence semble résonner plus fort au milieu du bruit. Pourtant, celui-ci règne en permanence étant la nature même du bruit. De même, si nous sommes dans le noir et que soudainement on ouvre les volets, l'expérience de la lumière sera très intense. Cependant, après un certain temps, nos yeux s'habituent à la luminosité…
L'état naturel est l'état parfait, l'état vrai. Celui-ci est libre des formes. Ça ressemble à l'eau qui est sans goût, sans couleur, sans forme, mais qui peut se modifier, prendre forme et se colorer à l'infini.
Ma compréhension est que nous n'avons pas à reproduire une expérience ou tenter de l'étirer à l'infini. Celle-ci vient nous éclairer sur ce que nous sommes et détenons déjà. Pour prendre un exemple trivial, je dirai qu'être amoureux est un état merveilleux en soi, mais cela n'exige pas que nous vivions un orgasme, un paroxysme permanent.
Bien que cela soit tentant, mieux vaut ne pas essayer de passer trop vite à une autre expérience. Il se peut que la première ne soit pas terminée. Il est possible qu'en vous “quelque chose à changé”, mais que vous le minimisez.
Denis
(JM) - Que d'intelligence dans votre réponse !
Évidemment, il n'y pas d'appartenance... je sais.
Pas plus de cette intelligence que de cette disponibilité bienveillante à me répondre.
Et ses mots ne vous appartiennent pas plus que mon expérience m'appartient.
Elle s'est présentée à moi.
Je l'ai savourée.
Tant mieux.
Aussi cela n'a pas de sens de vous remercier.
Mais je ne peux m'en empêcher.
À bientôt
Jean Marc
La possibilité de quelque chose de plus durable que cette simple expérience est une intuition, une interrogation à laquelle… j'avais peur de répondre, pour ne pas l'aplatir ou m'en "enorgueillir" à contre sens.
Vous l'avez fait avec doigté en me laissant plein d'espoir.
Non, pas de l'espoir...
Simplement un parfum
Jean-Marc
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S'orienter
16/sept./08
(M) Je suis toujours très heureux de vous lire. Très souvent, cependant, vous parlez à partir de votre niveau de conscience non-duel. Je comprends parfaitement ce que vous dites. Mais, seulement du point de vue intellectuel. Et je vous avoue que je me sens frustré et presque perdu. Il y a un désir tellement intense en moi de me découvrir , d'atteindre surtout la Paix, que je ne sais plus quoi faire. Certes, je médite toujours dans le silence et suis dans la mesure du possible, la Présence à soi.
Ceux qui ont réalisé l'Éveil ont pourtant tous ou, du moins la majorité d'entre eux, suivi une discipline. Que ce soit le Yoga, le bouddhisme, etc. C'est seulement une fois que l'Éveil est réalisé qu'ils disent qu'il n'y a rien à faire pour Être.
Que faire? Et surtout comment ne pas se perdre dans ce faire.
Merci, pour tout.
Mouloud
(DM) Je dirais qui faut être “orienté” vers la vérité, mais pas “tendu” vers elle.
Je donne des explications et une vision de ce qu'est l'éveil afin de “satisfaire” la logique conceptuelle de l'esprit. Notre esprit, bien que rebelle, doit devenir notre allié. En fin de compte, après avoir essayé de nombreuse fois, il doit en arriver à nous donner sa capitulation ayant compris qu'il est lui-même un obstacle à la réalisation.
Il nous faut voir, constater comment nous “Sommes”, comment "c'Est”, indépendamment de l'esprit. Si celui-ci intervient tout le temps, ce sera difficile de nous en donner la preuve. Par exemple, l'esprit devrait pouvoir dire : “je suis d'accord avec ta recherche et je veux t'aider. Aussi, je vais me taire et te laisser la place.”
Si nous voulons entendre le silence, il va bien falloir que nous nous taisions à un moment donné !
Si nous voulons connaître la paix, il va bien falloir cesser, laisser toute agitation !
Si nous voulons expérimenter la vérité, il va également falloir en finir avec le faux, avec les manipulations, les stratagèmes…
La vérité est spontanée et n'a pas besoin de toutes nos interventions.
Nous devons seulement permettre que les choses se calment, se déposent d'elles-mêmes.
Il s'agit d'une “détente” et non pas d'un contrôle ou d'un maintien particulier.
Il s'agit simplement de se retrouver chez soi, en nous-mêmes…
Il s'agit de Voir la nature du monde en ce qui Est,
“Tel que c'Est”.
Se distraire dans le “faire”
En fait, “le faire” ne nous prend pas. C'est toujours nous qui le prenons, qui l'adoptons.
On appelle cela la distraction.
Par exemple, lorsque nous sommes dans un endroit où il y a un téléviseur allumé, nous pouvons nous mettre à regarder le programme qui passe, ou juste être là, sans être captivés. Ce qu'il y a “à faire”, c'est rester disponible et justement ne pas “faire”, ne pas se distraire, masquer et fuir le silence.
Nous avons toujours de bonnes raisons pour ne pas demeurer ainsi. Pourtant, l'état frustré est très bien aussi. Il est en nature vrai. Sur le plan relatif, il représente un échec, mais comme ce que nous désirons profondément ne se situe pas sur ce plan… Il y a une main dans le poing, il y a une vérité dans l'échec.
Que voulons-nous vraiment dans cette vie ? Continuer d'arranger, d'embellir notre fuite ? Continuer de tirer le fil d'une histoire vide qui ne mène nulle part ? En quoi cette situation si, agréable ou pas, ne serait-elle pas valable et aussi vraie qu'une autre ? La vérité règne sur tout… Mais nous, à travers la distraction, nous recherchons une “belle” vérité. En fait, nous recherchons “ce qui est vrai”, l'authentique de l'histoire, mais dans l'histoire.
(M) Contrairement à ce que vous suggérez, je reconnais que depuis quatre ou cinq ans, je suis plus tendu, au sens propre et figuré, vers la vérité. C’est comme une urgence qui s’impose. Et c’est sans doute la raison qui m’empêche d’être détendu dans la simple ouverture. De fait, il y a une attente. Douloureuse, souvent. C’est extrêmement difficile de ne rien attendre, d’être seulement là, dans l’accueil.
Certes, j’ai connu par le passé, des périodes plus ou moins longues, de détente intérieure. Mais le mental m’attendait au tournant. Je le savais pourtant, de par mes lectures. Les difficultés ont commencé à partir du moment où j’ai abandonné, sauf occasionnellement – on y revient toujours semble-t-il, tant que l’on n’a pas réalisé l’éveil – toute pratique (méditation, etc.) impulsée en cela par l’étude de la non-dualité.
Vous avez visé juste quand vous dites que « Ce qu'il y a “à faire”, c'est rester disponible et justement ne pas “faire”, ne pas se distraire, masquer et fuir le silence. Nous avons toujours de bonnes raisons pour ne pas demeurer ainsi.» Je me rends compte maintenant que, dès qu’une angoisse s’élève, je cherche la distraction.
« Que voulons-nous vraiment dans cette vie? » Je me suis posé cette question il y a plus de trente ans. « Continuer d'arranger, d'embellir notre fuite? Continuer de tirer le fil d'une histoire vide qui ne mène nulle part? » En y réfléchissant, avec la distance, je pense bien que j’ai tenté de fuir ce qui Est.
Merci infiniment, Denis.
L’honnêteté du Voir
20/mars/08
(Q)… Tout est là et tout a toujours été là, rien
de plus, rien de moins, j’ en suis convaincu. La
Vérité est simple, dans cette détente, cet espace qui
accueille ce qui est, mais si je suis entièrement
honnête avec moi-même il y a souvent encore en moi
une attente d’un moment M, attente qui m’éloigne
illusoirement de ce qui est toujours là. Donc
l’accueil de cette attente se fait, mais elle ne
disparaît pas entièrement.
Hervé
(R) Vous dites “si je suis entièrement honnête avec moi-même”. Je me garde de tout jugement vous concernant, mais il faut en déduire que cette entièreté ne l’est probablement pas. Rien, personne, ni nous-mêmes, ne peut masquer réellement la vérité. Nous pourrions prendre l’exemple concret qui est de mettre ses mains devant les yeux. L’honnêteté [?], pourrait-on penser, consiste à les retirer afin de Voir [?]. “L’entièreté”, ici, plus en amont, est de voir ses mains. En réalité, rien ne peut obstruer le Voir. Le Voir est Vérité.
DM
Hervé
(R) Vous dites “si je suis entièrement honnête avec moi-même”. Je me garde de tout jugement vous concernant, mais il faut en déduire que cette entièreté ne l’est probablement pas. Rien, personne, ni nous-mêmes, ne peut masquer réellement la vérité. Nous pourrions prendre l’exemple concret qui est de mettre ses mains devant les yeux. L’honnêteté [?], pourrait-on penser, consiste à les retirer afin de Voir [?]. “L’entièreté”, ici, plus en amont, est de voir ses mains. En réalité, rien ne peut obstruer le Voir. Le Voir est Vérité.
DM
Échange sur l’illusion
23/févr./08
Jean, Q : La spiritualité de l’Inde proclame que le
monde autour de nous est une illusion, la Maya.
Le monde existe -t-il vraiment ou pas ?
Denis, R : Je pense que l’on peut dire que le monde se déploie comme phénomène, mais qu’il n’a pas d’existence solide comme il nous arrive de le penser. Le monde est en perpétuel mouvement. C’est comme avec cet exemple de la rivière et de son flot. Sur la route qui me conduit à mon travail, tous les jours je longe telle rivière. Cependant, ce n’est jamais la même eau qui est là. Peut-on dire qu’il s’agit de la même rivière que celle de la veille ? Cet exemple nous pouvons le transposer à nous-mêmes. Si l’on prend notre visage, quel est le nôtre véritablement ? Celui que nous avions tout bébé, celui de notre enfance, de notre adolescence, celui d’homme ou de femme mûre…? La réponse la plus satisfaisante est de dire que c’est celui du moment présent. Pourtant, nous ne pouvons pas non plus fixer cet instant. Dès que nous le désignons, il est déjà passé.
Généralement, pour nous “l’existence” se réfère à la forme. Cependant, la forme en soi est illusoire. La forme est en mouvement. Elle se trans-forme à nouveau. En même temps, nous-mêmes, celui qui s’interroge sur cette question est inclus dans ce processus. Parler d’existence ou d’illusion revient à employer des concepts, des formes, du monde illusoire. Je pense que l’on ne peut pas affirmer que le monde est existant ou non-existant, sinon, nous adoptons une vue partiale. Par rapport à quoi pouvons-nous affirmer tel point de vue ou tel autre ? Affirmer l’un, n’est-ce pas aussi donner une réalité à son contraire ? De fait, il est préférable de dire que le monde est “ce qui est”. Ainsi, le Bouddha déclare : “Le vide est la forme, la forme est le vide, il n’est autre vide que la forme, il n’est d’autre forme que le vide.”
Jean, Q : Certains éveillés disent qu’il n’existe que : “Ce qui est”. Alors, si je suis à Paris, cela veut-il dire que Londres, Tokyo,……. et le reste du monde n’existent pas? Il n’existe que Paris et encore, que la rue de Paris que j’emprunte, et même, que ce que je vois uniquement ?
Denis, R : “Ce qui est” désigne l’absolu et l’absolu inclut le relatif. Il y a donc un nombre infini de points de vues de “ce qui est”. Ils sont tous valables, car tous s’expriment dans le même instant. Lorsque nous sommes dans telle rue de façon relative, “nous Sommes” aussi et surtout de façon absolue. Où Sommes-nous réellement ?
Jean, Q : Si le monde est une illusion, les personnes en font partie et donc n’existent pas.
Denis, R : Si le monde est une illusion, tout le monde, nous inclus, avons cette nature illusoire. Cette affirmation ne produit rien d’autre que de l’illusion. Finalement, nous ne pouvons réellement affirmer que “ce qui est”. Cela d’ailleurs s’affirme de lui-même dans l’actualisation. Tant que nous nous en remettons à notre seul langage composé, nous ne faisons que nous appuyer sur une forme. Forme à laquelle nous croyons donner une réalité.
Jean, Q : Suis-je seul au monde ?
Denis, R : Qui pose la question ? Quel est la nature de celui qui s’interroge ?
………………………….
Jean, R : “La spiritualité de l’Inde proclame que le monde autour de nous est une illusion, la Maya. Le monde existe -t-il vraiment ou pas ?” Sur cette question, nos points de vue s’accordent. Le monde phénoménal n’a pas d’existence propre. Tout ce qui apparaît, ce qui naît, se dissoudra, disparaîtra. Mais, dans l’instant, la Présence confère une réalité aux phénomènes. Un peu comme le rêveur donne réalité au rêve sur le moment. Le rêve n’ayant pas de nature propre, il n’est que manifestation du rêveur. Alors, le monde existe-t-il? Oui et non. C’est paradoxal. A cette question, le maître Zen répond à son disciple : “Entendez-vous l’oiseau qui chante ? - Oui , Maître. - Juste cela.”
Jean, R : « Lorsque nous sommes dans telle rue de façon relative, “nous Sommes” aussi (et surtout) de façon absolue. Où Sommes-nous réellement ? » J’ai plutôt l’impression que la rue est dans un grand espace , une vision panoramique. Où suis-je ? On ne peut le dire. Je suis là où je suis, c’est tout.
Jean, R : “Suis-je seul au monde ?” « Qui pose la question ? Quelle est la nature de celui qui s’interroge ? » Celui qui s’interroge est le moi. Ce moi est une pensée qui tout à coup surgit . Il n’a donc pas d’existence propre et du coup la question se résorbe elle-même. Ne reste plus alors que cette présence calme qui n’a pas de question, qui n’est pas affectée par ce qui surgit en elle.
Denis, R : “La spiritualité de l’Inde proclame…” J’irai un poil plus loin sur cette question en disant que c’est ni “oui et non”, ni “paradoxal”. “Oui et non. C’est paradoxal”. Cela résonne comme une impossibilité et laisse je trouve un arrière-goût d’insatisfaction. La question “le monde existe-t-il ?” renvoie finalement à celle de notre propre existence. Cependant, n’est-ce pas là qu’une problématique de l’esprit ? Si le monde n’existait pas, si tu n’existais pas, si je n’existais pas, ce questionnement et cet échange n’auraient pas lieu. Du point de vue de la nature, tout questionnement de l’esprit n’est qu’un jeu vide. Le jeu n’est qu’un jeu qui ne produit que du jeu et qui ne pourra trouver “La réponse” qu’en son origine, sa nature. Ainsi, libres de tout questionnement, nous sommes frappés d’évidence…
Denis, R : Où suis-je ? Quand suis-je ? Qui suis-je ? Je pense qu’il est impossible de nous situer à partir un questionnement relatif. En le faisant de la sorte, nous ne pouvons qu’obtenir des réponses relatives. Qui pose la question ? Ce n’est pas une question qui appelle une réponse. C’est une interrogation qui pareil à un tremplin nous précipite en notre nature, en la Présence… Ainsi comme tu le dis : “Ne reste plus alors que cette présence calme qui n’a pas de question, qui n’est pas affectée par ce qui surgit en elle.”
………………………….
Jean, R : Tu as raison, “Oui et non. C’est paradoxal”, est une formulation insuffisante. « Ainsi, libres de tout questionnement, nous sommes frappés d’évidence » C ‘est ce que tente le maître zen avec son disciple, le sortir d’un coup de son questionnement, et le placer instantanément face à l’évidence, cela qu’il est vraiment
Denis, R : Je pense que l’on peut dire que le monde se déploie comme phénomène, mais qu’il n’a pas d’existence solide comme il nous arrive de le penser. Le monde est en perpétuel mouvement. C’est comme avec cet exemple de la rivière et de son flot. Sur la route qui me conduit à mon travail, tous les jours je longe telle rivière. Cependant, ce n’est jamais la même eau qui est là. Peut-on dire qu’il s’agit de la même rivière que celle de la veille ? Cet exemple nous pouvons le transposer à nous-mêmes. Si l’on prend notre visage, quel est le nôtre véritablement ? Celui que nous avions tout bébé, celui de notre enfance, de notre adolescence, celui d’homme ou de femme mûre…? La réponse la plus satisfaisante est de dire que c’est celui du moment présent. Pourtant, nous ne pouvons pas non plus fixer cet instant. Dès que nous le désignons, il est déjà passé.
Généralement, pour nous “l’existence” se réfère à la forme. Cependant, la forme en soi est illusoire. La forme est en mouvement. Elle se trans-forme à nouveau. En même temps, nous-mêmes, celui qui s’interroge sur cette question est inclus dans ce processus. Parler d’existence ou d’illusion revient à employer des concepts, des formes, du monde illusoire. Je pense que l’on ne peut pas affirmer que le monde est existant ou non-existant, sinon, nous adoptons une vue partiale. Par rapport à quoi pouvons-nous affirmer tel point de vue ou tel autre ? Affirmer l’un, n’est-ce pas aussi donner une réalité à son contraire ? De fait, il est préférable de dire que le monde est “ce qui est”. Ainsi, le Bouddha déclare : “Le vide est la forme, la forme est le vide, il n’est autre vide que la forme, il n’est d’autre forme que le vide.”
Jean, Q : Certains éveillés disent qu’il n’existe que : “Ce qui est”. Alors, si je suis à Paris, cela veut-il dire que Londres, Tokyo,……. et le reste du monde n’existent pas? Il n’existe que Paris et encore, que la rue de Paris que j’emprunte, et même, que ce que je vois uniquement ?
Denis, R : “Ce qui est” désigne l’absolu et l’absolu inclut le relatif. Il y a donc un nombre infini de points de vues de “ce qui est”. Ils sont tous valables, car tous s’expriment dans le même instant. Lorsque nous sommes dans telle rue de façon relative, “nous Sommes” aussi et surtout de façon absolue. Où Sommes-nous réellement ?
Jean, Q : Si le monde est une illusion, les personnes en font partie et donc n’existent pas.
Denis, R : Si le monde est une illusion, tout le monde, nous inclus, avons cette nature illusoire. Cette affirmation ne produit rien d’autre que de l’illusion. Finalement, nous ne pouvons réellement affirmer que “ce qui est”. Cela d’ailleurs s’affirme de lui-même dans l’actualisation. Tant que nous nous en remettons à notre seul langage composé, nous ne faisons que nous appuyer sur une forme. Forme à laquelle nous croyons donner une réalité.
Jean, Q : Suis-je seul au monde ?
Denis, R : Qui pose la question ? Quel est la nature de celui qui s’interroge ?
………………………….
Jean, R : “La spiritualité de l’Inde proclame que le monde autour de nous est une illusion, la Maya. Le monde existe -t-il vraiment ou pas ?” Sur cette question, nos points de vue s’accordent. Le monde phénoménal n’a pas d’existence propre. Tout ce qui apparaît, ce qui naît, se dissoudra, disparaîtra. Mais, dans l’instant, la Présence confère une réalité aux phénomènes. Un peu comme le rêveur donne réalité au rêve sur le moment. Le rêve n’ayant pas de nature propre, il n’est que manifestation du rêveur. Alors, le monde existe-t-il? Oui et non. C’est paradoxal. A cette question, le maître Zen répond à son disciple : “Entendez-vous l’oiseau qui chante ? - Oui , Maître. - Juste cela.”
Jean, R : « Lorsque nous sommes dans telle rue de façon relative, “nous Sommes” aussi (et surtout) de façon absolue. Où Sommes-nous réellement ? » J’ai plutôt l’impression que la rue est dans un grand espace , une vision panoramique. Où suis-je ? On ne peut le dire. Je suis là où je suis, c’est tout.
Jean, R : “Suis-je seul au monde ?” « Qui pose la question ? Quelle est la nature de celui qui s’interroge ? » Celui qui s’interroge est le moi. Ce moi est une pensée qui tout à coup surgit . Il n’a donc pas d’existence propre et du coup la question se résorbe elle-même. Ne reste plus alors que cette présence calme qui n’a pas de question, qui n’est pas affectée par ce qui surgit en elle.
Denis, R : “La spiritualité de l’Inde proclame…” J’irai un poil plus loin sur cette question en disant que c’est ni “oui et non”, ni “paradoxal”. “Oui et non. C’est paradoxal”. Cela résonne comme une impossibilité et laisse je trouve un arrière-goût d’insatisfaction. La question “le monde existe-t-il ?” renvoie finalement à celle de notre propre existence. Cependant, n’est-ce pas là qu’une problématique de l’esprit ? Si le monde n’existait pas, si tu n’existais pas, si je n’existais pas, ce questionnement et cet échange n’auraient pas lieu. Du point de vue de la nature, tout questionnement de l’esprit n’est qu’un jeu vide. Le jeu n’est qu’un jeu qui ne produit que du jeu et qui ne pourra trouver “La réponse” qu’en son origine, sa nature. Ainsi, libres de tout questionnement, nous sommes frappés d’évidence…
Denis, R : Où suis-je ? Quand suis-je ? Qui suis-je ? Je pense qu’il est impossible de nous situer à partir un questionnement relatif. En le faisant de la sorte, nous ne pouvons qu’obtenir des réponses relatives. Qui pose la question ? Ce n’est pas une question qui appelle une réponse. C’est une interrogation qui pareil à un tremplin nous précipite en notre nature, en la Présence… Ainsi comme tu le dis : “Ne reste plus alors que cette présence calme qui n’a pas de question, qui n’est pas affectée par ce qui surgit en elle.”
………………………….
Jean, R : Tu as raison, “Oui et non. C’est paradoxal”, est une formulation insuffisante. « Ainsi, libres de tout questionnement, nous sommes frappés d’évidence » C ‘est ce que tente le maître zen avec son disciple, le sortir d’un coup de son questionnement, et le placer instantanément face à l’évidence, cela qu’il est vraiment
Histoires de rechute(s)
24/oct./07
(Q) Je repense souvent à notre déjeuner où tu m’as
permis en direct de passer de l’autre côté du miroir.
Ce fut un moment d’une grande intensité où l’enthousiasme, la joie, l’amour et même l’humour se côtoyaient allègrement. Et, en arrière-plan, cette particulière sensation d’être de retour chez soi.
Le lendemain, je pouvais rejoindre cette paix à volonté et je me disais souriant : que le miracle avait peut-être eu lieu, que j’avais passé la porte étroite… mais, pour demeurer en cet état en toute simplicité, la ferveur et surtout l’humilité m’ont fait défaut.(Comme d’hab…)
Cet adolescent avide fanfaron et peureux ( à qui mon esprit prête vie), vient mettre le bazar inexorablement. Tu as pu en avoir un aperçu, à la réception, deux jours plus tard, de ce courriel affligeant.
Denis Horvath
(R) Voilà à présent des années que je suis amené à traiter le phénomène de la “rechute”. Je souris intérieurement, car nous sommes tellement attachés aux preuves, aux signes qui viennent confirmer ou invalider notre réalisation.
Tout d’abord, j’ai envie de dire que ce truc que l’on appelle “réalisation” est une “connerie”. En réalité, nous ne réalisons rien. C’est juste notre esprit, notre aspect illusionné qui réalise. Quoi que nous puissions penser de nous, en bon ou en mauvais, ce ne sont là que des pensées vides. Notre esprit est fait pour penser, ainsi que notre langue nous sert à parler. Tout mot, toute pensée s’épuisent, car ils sont illusoires.
La question que je pose généralement est : “Est-ce que c’est vrai ?” Nous pouvons penser ce que nous voulons, la question est : “Est-ce que c’est vrai ?” Où est la vérité ? Quelle est-elle ?
Crois-moi, il n’y a chez toi, ni chez personne une rechute, ou un aspect retors qui ne peut être sauvé. Il n’y a tout simplement pas d’extériorisation possible à la vérité. Il n’y a pas de “chute” (originelle), donc pas de “re-chute”. Ce que tu vis n’est pas réel. Tu le vis non pas parce que tu “faillis”, mais pour comprendre que cela aussi est vide. Pour comprendre que tu en es libre, que tu en restes libre.
Nous sommes appelés à une pleine libération, afin que nous reconnaissions que nos cauchemars (et ceux des autres), les pires, sont aussi des rêves. Être libre de l’illusion, ce n’est pas ne plus y être confronté, mais c’est ne plus y croire. Le vrai miracle est face à l’adversité. “Merci de m’apprendre, de me donner à voir que je suis libre de cela.” Il est possible que nous devions revivre encore et encore le même cauchemar, afin de comprendre que nous en sommes la source. Nous ne pouvons qu’en ressortir victorieux.
Il n’y a pas d’un côté la vérité et d’un autre une “non-vérité”. Tout est vrai ! Tout appartient à un même Ciel. Bien des choses s’élèvent dans ce Ciel. Bonnes ou mauvaises leur vérité reste le Ciel. S’il y a une non-vérité, elle fait partie du Ciel. Le Ciel seul est vérité.
Comme je dis parfois : “Si nous sommes prisonniers, nous sommes enfermés dehors !” DM
(Q) Merci pour cette chaleureuse et rapide réponse. Ce qui m’effare le plus c’est le temps qu’il faut simplement pour écouter vraiment…
Dans ton manuscrit, il est essentiellement question de l’illusion. Je l’ai lu avec avidité et avec le plus grand sérieux, pourtant c’est seulement maintenant grâce à ton courriel que j’entrevois la vérité de cette illusion permanente.
Où que notre esprit se tourne, quel que soit le masque qu’il revêt : culpabilité, désir, plaisir, honte, satisfaction, peur et toutes les étiquettes que nous collons sur les choses et nos semblables…Avec en plus le j’aime et le je n’aime pas…
Ça donne le vertige ! Et je ne le perçois que partiellement, ça n’est encore qu’une idée, mais elle semble germer enfin.
On ne peut donc pas négocier avec l’esprit ni même l’améliorer, car c’est encore l’égo qui tente cela. Aucun mérite ne peut être une monnaie d’échange, ni aucun démérite une entrave. Il n’y a rien à gagner, aucun Paradis. Ni même un Enfer d’où s’échapper.
Voir… C’est Être, et là, il y a ce champ (chant) infini ou tout est possible ici et maintenant, libre de l’avant et de l’après. Libre du je, moi je, mon, mien. Cela seul est la réalité.
Grand merci pour ta clarté incisive. Pourtant, j’en ai lu des bouquins et de toutes les couleurs.
Il a suffi d’une phrase sur internet pour que cela devienne réalité.
Denis Horvath
Ce fut un moment d’une grande intensité où l’enthousiasme, la joie, l’amour et même l’humour se côtoyaient allègrement. Et, en arrière-plan, cette particulière sensation d’être de retour chez soi.
Le lendemain, je pouvais rejoindre cette paix à volonté et je me disais souriant : que le miracle avait peut-être eu lieu, que j’avais passé la porte étroite… mais, pour demeurer en cet état en toute simplicité, la ferveur et surtout l’humilité m’ont fait défaut.(Comme d’hab…)
Cet adolescent avide fanfaron et peureux ( à qui mon esprit prête vie), vient mettre le bazar inexorablement. Tu as pu en avoir un aperçu, à la réception, deux jours plus tard, de ce courriel affligeant.
Denis Horvath
(R) Voilà à présent des années que je suis amené à traiter le phénomène de la “rechute”. Je souris intérieurement, car nous sommes tellement attachés aux preuves, aux signes qui viennent confirmer ou invalider notre réalisation.
Tout d’abord, j’ai envie de dire que ce truc que l’on appelle “réalisation” est une “connerie”. En réalité, nous ne réalisons rien. C’est juste notre esprit, notre aspect illusionné qui réalise. Quoi que nous puissions penser de nous, en bon ou en mauvais, ce ne sont là que des pensées vides. Notre esprit est fait pour penser, ainsi que notre langue nous sert à parler. Tout mot, toute pensée s’épuisent, car ils sont illusoires.
La question que je pose généralement est : “Est-ce que c’est vrai ?” Nous pouvons penser ce que nous voulons, la question est : “Est-ce que c’est vrai ?” Où est la vérité ? Quelle est-elle ?
Crois-moi, il n’y a chez toi, ni chez personne une rechute, ou un aspect retors qui ne peut être sauvé. Il n’y a tout simplement pas d’extériorisation possible à la vérité. Il n’y a pas de “chute” (originelle), donc pas de “re-chute”. Ce que tu vis n’est pas réel. Tu le vis non pas parce que tu “faillis”, mais pour comprendre que cela aussi est vide. Pour comprendre que tu en es libre, que tu en restes libre.
Nous sommes appelés à une pleine libération, afin que nous reconnaissions que nos cauchemars (et ceux des autres), les pires, sont aussi des rêves. Être libre de l’illusion, ce n’est pas ne plus y être confronté, mais c’est ne plus y croire. Le vrai miracle est face à l’adversité. “Merci de m’apprendre, de me donner à voir que je suis libre de cela.” Il est possible que nous devions revivre encore et encore le même cauchemar, afin de comprendre que nous en sommes la source. Nous ne pouvons qu’en ressortir victorieux.
Il n’y a pas d’un côté la vérité et d’un autre une “non-vérité”. Tout est vrai ! Tout appartient à un même Ciel. Bien des choses s’élèvent dans ce Ciel. Bonnes ou mauvaises leur vérité reste le Ciel. S’il y a une non-vérité, elle fait partie du Ciel. Le Ciel seul est vérité.
Comme je dis parfois : “Si nous sommes prisonniers, nous sommes enfermés dehors !” DM
(Q) Merci pour cette chaleureuse et rapide réponse. Ce qui m’effare le plus c’est le temps qu’il faut simplement pour écouter vraiment…
Dans ton manuscrit, il est essentiellement question de l’illusion. Je l’ai lu avec avidité et avec le plus grand sérieux, pourtant c’est seulement maintenant grâce à ton courriel que j’entrevois la vérité de cette illusion permanente.
Où que notre esprit se tourne, quel que soit le masque qu’il revêt : culpabilité, désir, plaisir, honte, satisfaction, peur et toutes les étiquettes que nous collons sur les choses et nos semblables…Avec en plus le j’aime et le je n’aime pas…
Ça donne le vertige ! Et je ne le perçois que partiellement, ça n’est encore qu’une idée, mais elle semble germer enfin.
On ne peut donc pas négocier avec l’esprit ni même l’améliorer, car c’est encore l’égo qui tente cela. Aucun mérite ne peut être une monnaie d’échange, ni aucun démérite une entrave. Il n’y a rien à gagner, aucun Paradis. Ni même un Enfer d’où s’échapper.
Voir… C’est Être, et là, il y a ce champ (chant) infini ou tout est possible ici et maintenant, libre de l’avant et de l’après. Libre du je, moi je, mon, mien. Cela seul est la réalité.
Grand merci pour ta clarté incisive. Pourtant, j’en ai lu des bouquins et de toutes les couleurs.
Il a suffi d’une phrase sur internet pour que cela devienne réalité.
Denis Horvath
Cela se passe ici, en moi, nulle part ailleurs.
13/juil./07
Réponse à l'acticle : “quelle est votre clé ?”
(Jean) Depuis pas mal de temps, une conviction intime a fait jour en moi. L’absolu ne peut pas être “ailleurs” et moi “ici”. Il est Présence et moi aussi , je me ressens comme “présence”. Pour “trouver” l’Absolu, il faut que je sois présent, c’est tout. Être là, bien là, baigner dans la Présence, la ressentir, assis, debout, couché, en regardant la télé ….Fini les livres, les textes …Cela se passe ici, en moi, nulle part ailleurs. Simplement “Être” et ” voir” sans commentaires. Et, en détente, assis, les yeux fermés, flottant dans la présence à soi, la connexion à cette sensation d’Être s’actualise. Je suis, derrière mes yeux, c’est spacieux, grand ? petit ? pas facile à dire. Mais cela ne varie pas, ça se renouvelle d’instants en instants, sans ennui, c’est simple, intelligent, tranquille. Les yeux ouverts, cette présence est là, dans un simple regard ouvert, un espace, une grande vision. Et tu es très attentif à tout, sans effort, tes sens semblent fonctionner mieux qu’avant. Bien sûr, pris dans la vie , cela semble perdu. Mais non, c’est là ,dès qu’un rappel intervient, comme un son, un oiseau qui passe, ou bien cela revient de soi-même.(ou encore simplement fermer les yeux) Evidemment, cela me paraissait trop simple, trop facile. Et pourtant, je n’ai que ça sous la main, cette Présence muette mais si vivante, et d’ailleurs, que serais-je sans cette Conscience ? Alors, en te lisant, j’ai reçu comme un choc, car ton billet m’affirmait que, oui, c’est ça. La description de “comment tu te ressens” concorde avec mon ressenti et maintenant, cela m’a affermi. C’est comme si tu validais ce ressenti. Le voilà ce “grand secret”! Donc, encore une fois merci. Amicalement, JeanQuelle est votre clé ?
29/juin/07
(Q) Comment faites-vous en méditation pour
atteindre ce que vous appelez le coeur ? Comment
faites-vous pour rejoindre rapidement ce Silence
total ? Faites-vous des visualisations, des
respirations profondes ou cela est-il spontané sans
méthode particulière ? Quelle est votre clé pour
ouvrir cette porte ? Je vous demande une chose qui
vous est personnelle mais je pense que cela pourrait
m’aider.
Depuis votre expérience d’ouverture, des choses ont-elles changé en vous ?
Merci pour votre réponse.
(R) Je me contente d’être à moi-même. Je n’applique pas de truc particulier. Je ne médite pas non plus. On peut définir cela comme « reposer en Soi ». Il y a une Présence spontanée en nous et nous sommes cela. Tenter de faire quelque chose pour cela, c’est l’ignorer.
Fermez les yeux et regardez, sentez comme vous “Êtes”…
Derrière l’opacité des paupières, une Présence spontanée, une ouverture, une clarté se tiennent là. Malgré vos pensées et vos émotions, elles demeurent et se révèlent comme l’espace qui les contient. Regardez encore comme cette présence n’a pas de début, pas de fin… Voyez comme elle se donne infiniment. C’est là le « je Suis » spontané, le don qui s’offre, le vivant jaillissant. C’est simplement « ce qui Est », « c’est Vous », le Vous immuable qui précède tout et dont toute votre existence dépend. Soyez simple… Soyez comme c’Est… accompagnez-vous… et la simplicité, votre nudité comme une évidence s’imposera.
Ce qui a changé pour moi, c’est que depuis que j’ai réalisé cela, je ne m’implique plus dans une méthode ou un « faire » spécial. Je suis la vie, je suis le vivant. Je suis « ce » ou « celui » qui Est. Je suis sans but particulier, mais pourtant à l’écoute du « désir », de la « soif » qui m’animent. Bien que je me sente comblé, en même temps la vie m’appelle. Elle me pousse en avant. Elle veut se dire en moi. Je me sens aimé et aimant à la fois. Ma vie est très proche de ce qu’elle était avant, seulement je ne me perds plus, je ne me prends plus au jeu. Bien que je vive comme tout le monde des situations agréables et désagréables, il demeure en moi une perspective, une ouverture. C'est comme un ciel qui m’enveloppe. Cela me donne un sentiment d’humour, de légèreté, qui éclipse les espoirs et les craintes.
DM
Depuis votre expérience d’ouverture, des choses ont-elles changé en vous ?
Merci pour votre réponse.
(R) Je me contente d’être à moi-même. Je n’applique pas de truc particulier. Je ne médite pas non plus. On peut définir cela comme « reposer en Soi ». Il y a une Présence spontanée en nous et nous sommes cela. Tenter de faire quelque chose pour cela, c’est l’ignorer.
Fermez les yeux et regardez, sentez comme vous “Êtes”…
Derrière l’opacité des paupières, une Présence spontanée, une ouverture, une clarté se tiennent là. Malgré vos pensées et vos émotions, elles demeurent et se révèlent comme l’espace qui les contient. Regardez encore comme cette présence n’a pas de début, pas de fin… Voyez comme elle se donne infiniment. C’est là le « je Suis » spontané, le don qui s’offre, le vivant jaillissant. C’est simplement « ce qui Est », « c’est Vous », le Vous immuable qui précède tout et dont toute votre existence dépend. Soyez simple… Soyez comme c’Est… accompagnez-vous… et la simplicité, votre nudité comme une évidence s’imposera.
Ce qui a changé pour moi, c’est que depuis que j’ai réalisé cela, je ne m’implique plus dans une méthode ou un « faire » spécial. Je suis la vie, je suis le vivant. Je suis « ce » ou « celui » qui Est. Je suis sans but particulier, mais pourtant à l’écoute du « désir », de la « soif » qui m’animent. Bien que je me sente comblé, en même temps la vie m’appelle. Elle me pousse en avant. Elle veut se dire en moi. Je me sens aimé et aimant à la fois. Ma vie est très proche de ce qu’elle était avant, seulement je ne me perds plus, je ne me prends plus au jeu. Bien que je vive comme tout le monde des situations agréables et désagréables, il demeure en moi une perspective, une ouverture. C'est comme un ciel qui m’enveloppe. Cela me donne un sentiment d’humour, de légèreté, qui éclipse les espoirs et les craintes.
DM
Où suis-je vraiment ?
08/juin/07
(Q) - Où est-ce que la Contemplation passe quand
on dort ?
D’une autre façon :
- Où est-ce que Je passe quand Je dors ? L’éveillé disparaît-il dans le sommeil ou bien reste-t’il une présence qui veille ?
(R) Où est-ce que je suis maintenant ?
Fermez les yeux et bouchez-vous les oreilles… Où êtes-vous ?
Difficile de répondre, difficile de parler de l’absolu avec les mots et les concepts du relatif.
A la question de ses disciples “où vas-tu aller quand tu seras mort ?”, Krishnamurti répondit “J’irai là où je Suis”.
Que ce soit en période de veille ou de sommeil, le “je Suis” ne bouge pas. Nous sommes le voyageur immobile. Ce qui arrive, c’est que nous sommes plus ou moins dans le “Voir”. C’est un peu comme si nous nous trouvions au milieu d’une pièce et que de ce fait, nous ne pouvions en percevoir que la moitié. A présent, si nous nous plaçons tout au fond contre le mur, nous pouvons voir la pièce dans son entièreté.
Je dirais que le Voir ne varie pas étant donné qu’il est l’expression même de l’absolu. Après, c’est une question de point de vue. Pourquoi restons-nous coincés au milieu de la pièce ?
DM
D’une autre façon :
- Où est-ce que Je passe quand Je dors ? L’éveillé disparaît-il dans le sommeil ou bien reste-t’il une présence qui veille ?
(R) Où est-ce que je suis maintenant ?
Fermez les yeux et bouchez-vous les oreilles… Où êtes-vous ?
Difficile de répondre, difficile de parler de l’absolu avec les mots et les concepts du relatif.
A la question de ses disciples “où vas-tu aller quand tu seras mort ?”, Krishnamurti répondit “J’irai là où je Suis”.
Que ce soit en période de veille ou de sommeil, le “je Suis” ne bouge pas. Nous sommes le voyageur immobile. Ce qui arrive, c’est que nous sommes plus ou moins dans le “Voir”. C’est un peu comme si nous nous trouvions au milieu d’une pièce et que de ce fait, nous ne pouvions en percevoir que la moitié. A présent, si nous nous plaçons tout au fond contre le mur, nous pouvons voir la pièce dans son entièreté.
Je dirais que le Voir ne varie pas étant donné qu’il est l’expression même de l’absolu. Après, c’est une question de point de vue. Pourquoi restons-nous coincés au milieu de la pièce ?
DM
La “boucle” du Bonheur
18/mai/07
(Q) “On ne pratique pas la contemplation, on
s’expose, on se laisse ensoleiller et rejoindre par
elle.” ?
(R) Pour commencer, je vais reprendre la définition de “Voir”. Il n’y a pas besoin d’être éveillé pour “Voir”. Voir, c’est en quelque sorte vivre l’éveil avant l’éveil. Toutefois, c’est l’expérimenter sans en prendre toute la mesure. Tout d’abord, comprenez que “ça Voit”. Ne faites pas le Voir. Reconnaissez-le en vous, ou bien reconnaissez-vous en lui. “Voir” n’est pas une chose nouvelle. Ce n’est pas un talent particulier que l’on a ou que l’on n’a pas. “Voir” est une qualité intrinsèque de l’Être, de notre nature et fait déjà partie de nous.
“Voir” correspond au premier regard. Le premier regard est le regard du nouveau-né. On peut le définir comme le regard naturel ou spontané. À travers ce regard, toute chose est perçue simplement “telle qu’elle est”. Ce qui veut dire sans (libre d’) ajout, sans (libre d’) étiquetage ou superposition de commentaire mental. Indépendamment de notre développement, le premier regard reste premier. Il nous accompagne invariablement, quoi que nous fassions, quoi que nous pensions. Jamais nous le perdons. Il y a un “Voir” à l’origine de tous nos regards. Constamment, il opère derrière nos vues erronées comme la base, la source même qui les rend possibles. Ce n’est que depuis l’illusion que cette vue spontanée semble difficile et qu’elle peut nous manquer. Ce qui se produit, c’est que nous la “recouvrons” et l’oublions derrière tous nos jeux mentaux. Le problème ne vient pas de ce que nous ayons un avis sur ce qui est perçu, mais que nous retenons et donnons l’avantage à notre subjectivité.
Nos yeux voient d’eux-mêmes. Nous pouvons prendre appui sur cette qualité innée afin de nous relier à la spontanéité de la Nature, afin que nous sachions “Voir” tout comme nos yeux voient. Je parle de nos yeux, mais je pourrais citer tout autre sens. Un aveugle peut “Voir”, car ce qui importe vraiment ce ne sont pas les récepteurs, mais “celui-là” même qui voit, entend…
Ayant dit cela, nous pouvons aborder la contemplation et mieux comprendre la continuité qui existe avec le fait de Voir. Il est possible d’actualiser le “Voir” sans pour autant vivre la contemplation. Par contre, si nous sommes dans la contemplation “Voir” en fait automatiquement partie. Par exemple, si vous savez danser, vous avez forcément le sens du rythme. Inversement, d’avoir le sens du rythme ne fait pas de vous un danseur. Fondamentalement, il n’y a pas de différence entre Voir et Contempler. Ce qui donne sa particularité à la contemplation, c’est le “swing”, la “blue note” ou la “magie” pourrait-on dire qui intervient.
Il est intéressant de repérer cette grâce que nous effleurons naturellement au cours de notre vie. Probablement que nous ne l’identifions pas comme telle et que nous ne réalisons pas non plus comment elle opère. L’un de nos grands obstacles repose sur l’absence de gratuité établie dans nos vies. Notre quête du bonheur est tout le temps conditionnée et dépendante d’un “avoir”. Nous voulons “avoir” pour “être”. C’est ce qui nous conduit à une mécompréhension et à une expérimentation “relative” de l’absolu. De fait, cela s’avère être frustrant à travers le caractère éphémère de nos joies, ainsi que par le cercle vicieux de la demande ou du désir inassouvi qui se perpétue.
Dans notre vie quotidienne, à la base de toutes nos joies profondes, il y a une clarté, il y a la contemplation. Tout bonheur provient et est vécu depuis notre nature spacieuse et lumineuse. C’est comme si notre monde opaque d’illusion était superposé au monde vrai et libre. Le Royaume est là, sous nos pieds, mais nous ne le voyons pas. Ce que nous qualifions d’instants de bonheur, ici-bas, s’apparente en quelque sorte à des fenêtres qui s’ouvrent temporairement sur le Royaume. D’une autre façon, on pourrait dire que lorsque nous parvenons à vivre pleinement notre illusion, en fait, nous contactons la vérité. Nous en retirons un certain plaisir, une certaine satisfaction, mais nous ne réalisons pas le caractère infini et merveilleux de ce que nous rencontrons alors.
Je dirais que la contemplation est l’art de ne pas pratiquer, de ne pas s’impliquer dans un “faire” spécial ou subtil. Globalement, c’est ne pas succomber au matérialisme spirituel. Ici, il n’est plus question de recourir une fois de plus à une stratégie. Il n’est plus question de laisser l’esprit décider pour nous en lui restant subordonné. Déjà, le simple fait de savoir que l’esprit est nôtre, que nous ne sommes pas celui-ci, nous restitue, réhabilite le “je Suis”. Ainsi, par le biais de notre sagesse, nous actualisons cet état libre de référence, éveillé de certitude et “d’êtreté”. Nous pouvons aussi “tomber” dans le “je Suis” par le cœur. Il y a une façon de contacter l’être, de se retrouver en Soi à travers notre point de douceur. Il nous suffit d’évoquer le bonheur ou l’amour. Lorsque nous sommes heureux, où sommes-nous heureux ?… Si nous comprenons que dans l’illusion notre recherche du bonheur est finalement une sorte de boucle plus ou moins élaborée qui renvoie au Soi, nous pouvons faire que ce détour se réduise jusqu’à sa plus simple expression en la Vie : “l’union du Ciel et de la Terre.”
« Désir de vérité, vérité du désir ». Notre soif véritable est l’expression de l’absolu qui se cherche en nous. Sur le plan intérieur contacter le vivant c’est “goûter”, c’est se laisser gagner par le mystère de la vie. La contemplation n’est pas une spiritualité, mais une “mystique” (pénétrer l’hermétisme du mystère). Mais bon… tout cela n’est qu’une suite d’explications, n’est qu’un enchaînement de mots. La seule réponse qui compte vraiment n’est pas verbale. Elle provient de l’expérimentation.
“Notre réel désir est celui de la vérité qui se cherche.”Asseyez-vous tranquillement et laissez résonner cette formule dans votre cœur… N’investiguez pas davantage, laissez-vous trouver. Laissez la formule “creuser” pour vous. Permettez au vivant de vous porter, de se “trouver”. Dans le silence confiant, dans le repos naturel résonnent paix et amour. Dans la joie, nous sommes exaucés de recevoir et de porter cette qualité spacieuse et virginale, libre et généreuse. Ici, dans une “gestation” du silence, nous sommes pétris, nous sommes façonnés. Avant même que nous le réalisions, dans le secret de notre cœur, à l’ombre de ce sein fécond, la Source se donne et se reçoit comme elle l’a toujours fait. Doucement, dans une acoustique sacrée la Vie crée la vie. Mère, elle se manifeste infiniment en enfantant l’amour.
Voilà Jean, j’en reste là pour l’instant. J’ai un peu le sentiment d’avoir laissé ma plume s’emparer des commandes. J’espère que tu trouveras dans ces quelques lignes un éclairage. N’hésite pas à me demander des précisions si tu en ressens le besoin. Denis
(R) Pour commencer, je vais reprendre la définition de “Voir”. Il n’y a pas besoin d’être éveillé pour “Voir”. Voir, c’est en quelque sorte vivre l’éveil avant l’éveil. Toutefois, c’est l’expérimenter sans en prendre toute la mesure. Tout d’abord, comprenez que “ça Voit”. Ne faites pas le Voir. Reconnaissez-le en vous, ou bien reconnaissez-vous en lui. “Voir” n’est pas une chose nouvelle. Ce n’est pas un talent particulier que l’on a ou que l’on n’a pas. “Voir” est une qualité intrinsèque de l’Être, de notre nature et fait déjà partie de nous.
“Voir” correspond au premier regard. Le premier regard est le regard du nouveau-né. On peut le définir comme le regard naturel ou spontané. À travers ce regard, toute chose est perçue simplement “telle qu’elle est”. Ce qui veut dire sans (libre d’) ajout, sans (libre d’) étiquetage ou superposition de commentaire mental. Indépendamment de notre développement, le premier regard reste premier. Il nous accompagne invariablement, quoi que nous fassions, quoi que nous pensions. Jamais nous le perdons. Il y a un “Voir” à l’origine de tous nos regards. Constamment, il opère derrière nos vues erronées comme la base, la source même qui les rend possibles. Ce n’est que depuis l’illusion que cette vue spontanée semble difficile et qu’elle peut nous manquer. Ce qui se produit, c’est que nous la “recouvrons” et l’oublions derrière tous nos jeux mentaux. Le problème ne vient pas de ce que nous ayons un avis sur ce qui est perçu, mais que nous retenons et donnons l’avantage à notre subjectivité.
Nos yeux voient d’eux-mêmes. Nous pouvons prendre appui sur cette qualité innée afin de nous relier à la spontanéité de la Nature, afin que nous sachions “Voir” tout comme nos yeux voient. Je parle de nos yeux, mais je pourrais citer tout autre sens. Un aveugle peut “Voir”, car ce qui importe vraiment ce ne sont pas les récepteurs, mais “celui-là” même qui voit, entend…
Ayant dit cela, nous pouvons aborder la contemplation et mieux comprendre la continuité qui existe avec le fait de Voir. Il est possible d’actualiser le “Voir” sans pour autant vivre la contemplation. Par contre, si nous sommes dans la contemplation “Voir” en fait automatiquement partie. Par exemple, si vous savez danser, vous avez forcément le sens du rythme. Inversement, d’avoir le sens du rythme ne fait pas de vous un danseur. Fondamentalement, il n’y a pas de différence entre Voir et Contempler. Ce qui donne sa particularité à la contemplation, c’est le “swing”, la “blue note” ou la “magie” pourrait-on dire qui intervient.
Il est intéressant de repérer cette grâce que nous effleurons naturellement au cours de notre vie. Probablement que nous ne l’identifions pas comme telle et que nous ne réalisons pas non plus comment elle opère. L’un de nos grands obstacles repose sur l’absence de gratuité établie dans nos vies. Notre quête du bonheur est tout le temps conditionnée et dépendante d’un “avoir”. Nous voulons “avoir” pour “être”. C’est ce qui nous conduit à une mécompréhension et à une expérimentation “relative” de l’absolu. De fait, cela s’avère être frustrant à travers le caractère éphémère de nos joies, ainsi que par le cercle vicieux de la demande ou du désir inassouvi qui se perpétue.
Dans notre vie quotidienne, à la base de toutes nos joies profondes, il y a une clarté, il y a la contemplation. Tout bonheur provient et est vécu depuis notre nature spacieuse et lumineuse. C’est comme si notre monde opaque d’illusion était superposé au monde vrai et libre. Le Royaume est là, sous nos pieds, mais nous ne le voyons pas. Ce que nous qualifions d’instants de bonheur, ici-bas, s’apparente en quelque sorte à des fenêtres qui s’ouvrent temporairement sur le Royaume. D’une autre façon, on pourrait dire que lorsque nous parvenons à vivre pleinement notre illusion, en fait, nous contactons la vérité. Nous en retirons un certain plaisir, une certaine satisfaction, mais nous ne réalisons pas le caractère infini et merveilleux de ce que nous rencontrons alors.
Je dirais que la contemplation est l’art de ne pas pratiquer, de ne pas s’impliquer dans un “faire” spécial ou subtil. Globalement, c’est ne pas succomber au matérialisme spirituel. Ici, il n’est plus question de recourir une fois de plus à une stratégie. Il n’est plus question de laisser l’esprit décider pour nous en lui restant subordonné. Déjà, le simple fait de savoir que l’esprit est nôtre, que nous ne sommes pas celui-ci, nous restitue, réhabilite le “je Suis”. Ainsi, par le biais de notre sagesse, nous actualisons cet état libre de référence, éveillé de certitude et “d’êtreté”. Nous pouvons aussi “tomber” dans le “je Suis” par le cœur. Il y a une façon de contacter l’être, de se retrouver en Soi à travers notre point de douceur. Il nous suffit d’évoquer le bonheur ou l’amour. Lorsque nous sommes heureux, où sommes-nous heureux ?… Si nous comprenons que dans l’illusion notre recherche du bonheur est finalement une sorte de boucle plus ou moins élaborée qui renvoie au Soi, nous pouvons faire que ce détour se réduise jusqu’à sa plus simple expression en la Vie : “l’union du Ciel et de la Terre.”
« Désir de vérité, vérité du désir ». Notre soif véritable est l’expression de l’absolu qui se cherche en nous. Sur le plan intérieur contacter le vivant c’est “goûter”, c’est se laisser gagner par le mystère de la vie. La contemplation n’est pas une spiritualité, mais une “mystique” (pénétrer l’hermétisme du mystère). Mais bon… tout cela n’est qu’une suite d’explications, n’est qu’un enchaînement de mots. La seule réponse qui compte vraiment n’est pas verbale. Elle provient de l’expérimentation.
“Notre réel désir est celui de la vérité qui se cherche.”Asseyez-vous tranquillement et laissez résonner cette formule dans votre cœur… N’investiguez pas davantage, laissez-vous trouver. Laissez la formule “creuser” pour vous. Permettez au vivant de vous porter, de se “trouver”. Dans le silence confiant, dans le repos naturel résonnent paix et amour. Dans la joie, nous sommes exaucés de recevoir et de porter cette qualité spacieuse et virginale, libre et généreuse. Ici, dans une “gestation” du silence, nous sommes pétris, nous sommes façonnés. Avant même que nous le réalisions, dans le secret de notre cœur, à l’ombre de ce sein fécond, la Source se donne et se reçoit comme elle l’a toujours fait. Doucement, dans une acoustique sacrée la Vie crée la vie. Mère, elle se manifeste infiniment en enfantant l’amour.
Voilà Jean, j’en reste là pour l’instant. J’ai un peu le sentiment d’avoir laissé ma plume s’emparer des commandes. J’espère que tu trouveras dans ces quelques lignes un éclairage. N’hésite pas à me demander des précisions si tu en ressens le besoin. Denis
Dieu en tout
19/avr./07
(Q) La contemplation est-ce en fin de compte,
percevoir Dieu en tout, y compris dans les actes les
plus graves?
Ainsi : Dieu “la main” tient Dieu “le couteau” et tue Dieu “la victime”…. Et donc: Personne ne tue, personne ne meurt, il n’y a que Dieu.
Après avoir accompli, un travail, apparaît parfois un sentiment de satisfaction dans lequel on baigne.Est-ce qu’à cet instant, le moi-je s’étant relâché, la contemplation est là? Mais on attribue ce bonheur à l’action terminée, puis l’ego revient…
(R) Lorsque j’utilise l’expression « Percevoir Dieu en tout », je veux juste faire un parallèle avec la tradition chrétienne. Cependant, cette formulation peut laisser penser que « quelqu’un » voit « Dieu », mais ce n’est pas ainsi.
Bien qu’une émergence se produise entre fond et forme, cette expérience reste non-duelle. Nous tenant devant le miroir une interaction, une contemplation se produit. Toutefois, nous sommes seuls (un). Regarder son reflet dans un miroir ne produit pas le même résultat que de regarder un portrait de soi, ou tout autre objet extérieur. Le miroir ne nous montre pas qu’une simple image de nous, il nous renvoie aussi à nous-mêmes. Soi voit Soi. On pourrait parler de qualité auto cognitive. « Celui » qui regarde derrière les fenêtres des yeux, spontanément, simultanément se voit lui-même.
Du point de vue de l’absolu il n’y a pas d’actes graves ou pas graves, il n’y a pas de jugement, mais une situation nue, la simple vérité de ce qui « Est ».
« Dieu “la main” tient Dieu “le couteau” et tue Dieu “la victime”…. Et donc: Personne ne tue, personne ne meurt, il n’y a que Dieu. »
Cela est vrai dans l’absolu et du point de vue de celui qui voit effectivement Dieu en tout. Sinon, cela s’apparente à un meurtre avec tout le karma qui en découle. La question qui vient c’est : pourquoi Dieu, tuerait-il Dieu, ou se tuerait-il lui-même ? C’est la limitation que je vois au concept de Dieu qui reste connoté à l’idée qu’il est un “Être” supérieur.
La période qui suit l’accomplissement d’un travail est probablement propice au relâchement et à la contemplation. J’ajouterai que toute forme d’épuisement peut produire cet effet. Cependant, le bonheur que l’on éprouve est perçu comme une sorte de récompense, comme un « sucre ». Nous ne le reconnaissons pas comme venant pleinement et spontanément de Soi, nous le recevons comme la fruition résultant d’un faire.
« Puis l’ego revient », peut-être ! ? Mais la vérité demeure… Sans le “Soi”, pas de “moi”.
DM
Ainsi : Dieu “la main” tient Dieu “le couteau” et tue Dieu “la victime”…. Et donc: Personne ne tue, personne ne meurt, il n’y a que Dieu.
Après avoir accompli, un travail, apparaît parfois un sentiment de satisfaction dans lequel on baigne.Est-ce qu’à cet instant, le moi-je s’étant relâché, la contemplation est là? Mais on attribue ce bonheur à l’action terminée, puis l’ego revient…
(R) Lorsque j’utilise l’expression « Percevoir Dieu en tout », je veux juste faire un parallèle avec la tradition chrétienne. Cependant, cette formulation peut laisser penser que « quelqu’un » voit « Dieu », mais ce n’est pas ainsi.
Bien qu’une émergence se produise entre fond et forme, cette expérience reste non-duelle. Nous tenant devant le miroir une interaction, une contemplation se produit. Toutefois, nous sommes seuls (un). Regarder son reflet dans un miroir ne produit pas le même résultat que de regarder un portrait de soi, ou tout autre objet extérieur. Le miroir ne nous montre pas qu’une simple image de nous, il nous renvoie aussi à nous-mêmes. Soi voit Soi. On pourrait parler de qualité auto cognitive. « Celui » qui regarde derrière les fenêtres des yeux, spontanément, simultanément se voit lui-même.
Du point de vue de l’absolu il n’y a pas d’actes graves ou pas graves, il n’y a pas de jugement, mais une situation nue, la simple vérité de ce qui « Est ».
« Dieu “la main” tient Dieu “le couteau” et tue Dieu “la victime”…. Et donc: Personne ne tue, personne ne meurt, il n’y a que Dieu. »
Cela est vrai dans l’absolu et du point de vue de celui qui voit effectivement Dieu en tout. Sinon, cela s’apparente à un meurtre avec tout le karma qui en découle. La question qui vient c’est : pourquoi Dieu, tuerait-il Dieu, ou se tuerait-il lui-même ? C’est la limitation que je vois au concept de Dieu qui reste connoté à l’idée qu’il est un “Être” supérieur.
La période qui suit l’accomplissement d’un travail est probablement propice au relâchement et à la contemplation. J’ajouterai que toute forme d’épuisement peut produire cet effet. Cependant, le bonheur que l’on éprouve est perçu comme une sorte de récompense, comme un « sucre ». Nous ne le reconnaissons pas comme venant pleinement et spontanément de Soi, nous le recevons comme la fruition résultant d’un faire.
« Puis l’ego revient », peut-être ! ? Mais la vérité demeure… Sans le “Soi”, pas de “moi”.
DM
Méditation et contemplation
16/avr./07
(Q) Est-ce que contemplation = méditation ?
(R) La méditation et la contemplation n’ont pas grand-chose en commun.
Pour commencer, on “pratique” la méditation et de plus, on médite sur un support (objet, paysage, respiration, mantra, pensée…) La méditation sert à développer les qualités comme : la patience, l’attention, le calme mental… Il faut pour cela rejoindre un environnement propice, adopter une posture et s’y exercer par sessions.
On ne pratique pas la contemplation, on s’expose, on se laisse ensoleiller et rejoindre par elle. Une contemplation opère déjà, mais nous l’ignorons. C’est comme si nous étions dans un monde fait d’or et de pierres précieuses, mais que nous ne le percevions pas. Notre vérité est terne, lourde et sans éclat. Nous et notre monde sommes désenchantés.
(R) La méditation et la contemplation n’ont pas grand-chose en commun.
Pour commencer, on “pratique” la méditation et de plus, on médite sur un support (objet, paysage, respiration, mantra, pensée…) La méditation sert à développer les qualités comme : la patience, l’attention, le calme mental… Il faut pour cela rejoindre un environnement propice, adopter une posture et s’y exercer par sessions.
On ne pratique pas la contemplation, on s’expose, on se laisse ensoleiller et rejoindre par elle. Une contemplation opère déjà, mais nous l’ignorons. C’est comme si nous étions dans un monde fait d’or et de pierres précieuses, mais que nous ne le percevions pas. Notre vérité est terne, lourde et sans éclat. Nous et notre monde sommes désenchantés.
